Quel statut juridique choisir
pour une société de livraison sous-traitante ?
Le bon statut dépend de votre situation personnelle, de vos ambitions et de votre capacité à supporter des charges fixes. Voici un comparatif honnête.
Ce guide concerne uniquement les sous-traitants logistiques (qui livrent pour le compte d'un transporteur). Les exigences de la licence de transport s'appliquent à tous les statuts dès que l'activité est exercée à titre onéreux.
Pourquoi le choix du statut est décisif
Le statut juridique n'est pas qu'une formalité administrative. Il détermine votre niveau de protection sociale en cas de maladie ou d'accident, votre capacité à déduire les charges réelles de votre activité, la crédibilité de votre entreprise auprès des donneurs d'ordre et des banques, et votre fiscalité à long terme.
Beaucoup de sous-traitants commencent en auto-entreprise par simplicité, puis se retrouvent bloqués dès que l'activité monte en charge. Mieux vaut choisir le bon statut dès le départ.
L'auto-entrepreneur : simple mais limité
La micro-entreprise est le statut le plus rapide à créer (quelques minutes sur autoentrepreneur.urssaf.fr) et le moins coûteux à maintenir. Pas de comptable obligatoire, des charges calculées sur le chiffre d'affaires réel, zéro complexité administrative.
Problème fondamental : vous ne pouvez pas déduire vos charges réelles. Carburant, entretien véhicule, assurances — tout cela représente 40 à 60% de votre chiffre d'affaires dans la livraison. L'abattement forfaitaire de 34% (prestations de services) ne couvre pas cette réalité terrain.
Le plafond de CA à 188 700€ (2024 pour les prestations de services) paraît élevé mais est vite atteint. Avec 3 chauffeurs et 150 tournées par mois à 150€ chacune, vous dépassez 270 000€ annuels. Et de nombreux donneurs d'ordre refusent de travailler avec des auto-entrepreneurs.
La SASU : le meilleur choix pour démarrer seul
La SASU (Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle) est aujourd'hui le statut le plus choisi par les nouveaux sous-traitants logistiques qui démarrent seuls. Voici pourquoi :
En SASU, vous êtes assimilé-salarié. Vous bénéficiez des IJSS (indemnités journalières de la Sécurité Sociale) en cas d'arrêt maladie, d'une retraite de base et complémentaire, et d'une assurance chômage si vous avez été salarié avant.
Les statuts d'une SASU sont librement rédigés. Vous définissez les règles de fonctionnement de votre société. Si vous souhaitez intégrer des associés plus tard, la transformation en SAS est simple et peu coûteuse.
Une SASU inspire davantage confiance qu'une auto-entreprise auprès des donneurs d'ordre, des banques et des partenaires commerciaux. Le capital social (même symbolique) et les statuts montrent le sérieux de la démarche.
Le principal inconvénient de la SASU : les charges sociales sur votre rémunération sont élevées (environ 82% du salaire net en cotisations patronales + salariales). Si vous vous versez 2 000€ nets, le coût total pour la société est d'environ 3 600€. Il est possible de se rémunérer en dividendes, mais attention : les dividendes en SASU sont soumis aux cotisations sociales depuis 2024 pour la part dépassant 10% du capital.
La SARL : solide pour les projets à plusieurs
La SARL convient particulièrement aux projets avec 2 associés ou plus. Elle offre un cadre juridique clair pour la répartition des parts, les prises de décision et la gestion des conflits éventuels. Les banques et les donneurs d'ordre la connaissent bien.
Le gérant majoritaire de SARL (plus de 50% des parts) est affilié au régime TNS (Travailleur Non Salarié). Les cotisations sociales sont moins élevées (environ 45% du revenu net), mais la protection sociale est plus limitée : pas d'IJSS pendant les 3 premiers jours d'arrêt, retraite plus faible. Une prévoyance complémentaire est indispensable.
Notre recommandation selon votre profil
Vous démarrez seul avec ambition de croissance → SASU. La protection sociale justifie les charges plus élevées, et la flexibilité vous laisse toutes les options ouvertes.
Vous créez avec un ou plusieurs associés → SARL. Le cadre est plus clair, la gouvernance mieux définie.
Vous voulez tester l'activité avec un minimum de risque → Auto-entrepreneur pour 6-12 mois maximum, en gardant en tête les limites évoquées. Transformez en SASU ou SARL dès que l'activité est confirmée.
Questions fréquentes
Oui. La transformation d'une auto-entreprise en SASU ou SARL est possible à tout moment. Il faut cesser l'activité en micro-entreprise et créer une nouvelle société. Cette transition prend 3 à 4 semaines et coûte entre 500 et 1 500€ avec un expert-comptable. Mieux vaut l'anticiper que la subir en urgence.
Non légalement, mais très fortement conseillé. Un expert-comptable gère vos déclarations, optimise votre rémunération entre salaire et dividendes, vous évite des erreurs coûteuses et vous représente en cas de contrôle fiscal. Budget : 100 à 250€/mois pour un cabinet classique, 50 à 100€/mois pour des outils en ligne comme Indy ou Dougs.
Légalement 1€. En pratique, un capital de 1 000 à 5 000€ est recommandé pour crédibiliser votre dossier auprès des banques et donneurs d'ordre. Le capital n'a pas besoin d'être versé immédiatement en totalité — 20% au moins lors de la création, le reste dans les 5 ans.
Oui, sans restriction. La SASU peut embaucher autant de salariés que nécessaire, y compris des chauffeurs. Elle peut aussi avoir recours à des sous-traitants indépendants ou à des chauffeurs en portage salarial.
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